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La pollution de l'air MaP#24


Publié
May 3, 2020

Bonjour à tous et Bienvenue dans cette épisode de mise au point où l'on va parler de la pollution de l'air.

Définition de la pollution de l'air

En France, la pollution atmosphérique est définie par le code de l'environnement :

La pollution atmosphérique est la présence ou l'introduction par l'homme, dans l'atmosphère et les espaces clos, d'agents chimiques, biologiques ou physiques ayant des conséquences néfastes sur la santé humaine et les écosystèmes, influençant les changements climatiques détériorant les biens matériels ou encore causant des nuisances olfactives excessives.

De cette définition, nous pouvons faire plusieurs remarques.

Premièrement, une pollution peut avoir une origine naturelle.

Deuxièmement, un polluant a, par définition, des effets néfastes. Cela veut dire qu'une substance peut n'être considérée comme un polluant que sous certaines conditions. Par exemple, le dioxyde de carbone n'est un polluant qu'à fortes concentrations.

Historique de la pollution de l'air

Les premières communautés humaines se sont regroupées dans des cavernes, des lieux clos pas réputés pour leur performance de ventilation. La suie trouvée sur le plafond des grottes préhistoriques confirme la présence d'un niveau élevé de pollution.

La pollution de l'air, due en bonne partie au feu que l'on utilisait pour se chauffer, se protéger, cuire les aliments, faire des poteries ou pratiquer la métallurgie, a accompagné l'humanité tout au long de son évolution. On retrouve des traces de cuivre ou de plomb de la métallurgie des Grecs, des Romains et des Chinois dans les carottes de glace du Groenland.

Si ces traces nous permettent de suivre l'évolution de la production de différents métaux à travers l'histoire, la pollution qui en résulte était faible et souvent cantonnée à la périphérie des villes. Par contre, les feux domestiques dans les habitations formaient une source importante de pollution de l'air intérieur dans de nombreuses civilisations.

Au 18e siècle, le charbon remplace le bois dans de nombreux foyers et est utilisé pour la production électrique et les usines. La pollution de l'air franchit alors un palier supplémentaire avec l'utilisation de ces ressources fossiles.

Un épisode particulièrement marquant fut le grand smog de Londres en 1952. Des températures froides poussèrent de nombreux foyers à brûler du charbon domestique de piètre qualité, contenant une teneur élevée en soufre. Quand un anticyclone recouvra Londres et qu'il n'y eu plus un seul souffle de vent, la pollution s'accumula jusqu'à des niveaux dangereux. 4 jours de pollution exceptionnelle firent 12.000 morts et 100.000 malades.

Cet épisode fit prendre conscience du phénomène de pollution de l'air et de la nécessité de veiller à sa qualité. Il entraîna la mise en place de réglementations limitant l'utilisation de combustibles polluants. A la sortie de la 2nde guerre mondiale, la pollution ou l'environnement n'étaient pas encore une préoccupation.

La question à se poser, c'est : quel est l'impact de la pollution sur les sociétés ?

On peut distinguer 2 types de pollution :

  1. la pollution de l'air intérieur (dans les espaces clos),
  2. la pollution de l'air extérieur.

Nous allons voir l'impact de chacune sur nos sociétés.

Pollution de l'air intérieur

La pollution de l'air à l'intérieur des habitations est un gros problème, principalement parce que l'on passe une grande partie de notre existence dans les espaces clos.

L'organisation mondiale de la santé estime que 3 milliards de personnes font la cuisine et chauffent leurs logements à l'aide de foyers ouverts ou de poeles dans lesquels brûlent de la biomasse (bois, déjections animales, résidus agricoles et du charbon).

Cette pollution entraîne la mort prématurée de 4,3 millions de personnes dans le monde chaque année. Plus de la moitié des morts par pneumonie chez les enfants de moins de 5 ans sont dûes à l'inhalation des matières particulaires provenant de la pollution de l'air intérieur.

Les polluants les plus préoccupants pour l'air intérieur sont les composés organiques volatils (des gaz contenant des molécules de carbone) qui proviennent de combustions incomplètes, du raffinage de produits pétroliers, ou des produits du quotidien (carburant, peinture, colle, plastique, insecticide, parfum d'intérieur, produits de nettoyage).

Lorsqu'ils se concentrent dans les espaces clos (intérieurs d'habitation ou habitacles de voiture), ces composés organiques volatils contribuent à la formation de cancers, de problèmes de reproduction, de difficultés respiratoires importantes, de maladies de peau ou encore d'allergies.

À l'extérieur, ils posent en général beaucoup moins de complications.

Les particules fines sont également un problème de pollution de l'air intérieur, mais comme elles concernent également la pollution de l'air extérieur, on va en parler un peu plus tard.

Au final, quelqu'un qui n'oserait pas ouvrir sa fenêtre de peur de la pollution de l'air extérieur se trompe lourdement. L'air intérieur est souvent plus dommageable pour la santé humaine que l'air extérieur. C'est pourquoi il est conseillé d'aérer régulièrement les espaces clos.

Regardons maintenant ce qu'il se passe dehors.

Pollution de l'air extérieur

La pollution de l'air extérieur est également un problème conséquent. L'OMS estime qu'elle engendre 3,7 millions de morts par an, dont 88% dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires, notamment en Chine et en Asie du Sud-Est.

Les polluants

De nombreux polluants de l'air extérieur existent. Je vous cite les principaux.

Le dioxyde de soufre

Il y a le dioxyde de soufre, gaz incolore à l'odeur d'œuf pourri, émis par les volcans, mais aussi par les hommes à cause de la combustion des énergies fossiles, pour le chauffage domestique, la production électrique ou les voitures à moteur. 50% des émissions mondiales de dioxyde de soufre proviennent du charbon et 30% du pétrole.

Ce gaz affecte le système respiratoire et provoque des irritations oculaires. La réaction avec l'eau produit de l'acide sulfurique, principal composant des pluies acides, une autre forme de pollution.

Le dioxyde d'azote

Il y a également le dioxyde d'azote, gaz toxique, brun rouge, qui dégage une odeur âcre et piquante caractéristique, que l'on peut percevoir dans les rues polluées par la circulation automobile.

Les émissions de dioxyde d'azote sont principalement dûes au transport routier. Il provoque une inflammation des voies respiratoires et agrave l'asthme. En plus de ses effets sur la santé humaine, il réagit dans l'atmosphère pour former de l'acide nitrique, contribuant au phénomène d'eutrophisation et, dans une moindre mesure, à l'acidification des eaux douces.

L'ozone troposphérique

Il y a aussi l'ozone, un gaz oxydant très puissant. Il est naturellement présent dans la haute atmosphère, mais aussi dans la basse atmosphère. C'est ce dernier qui nous intéresse et il s'appelle l'ozone troposphérique.

Cet ozone a des effets marqués sur la santé de l'homme, les animaux et les végétaux. L'ozone est extrêmement nocif pour les poumons, mais aussi les reins, le cerveau et les yeux. Il cause des oedemes pulmonaires, des difficultés respiratoires, des troubles de la vision, des inflammations des reins, des vertiges, affaiblit nos défenses immunitaires, etc...

Sans activité humaine, l'ozone troposphérique est quasiment inexistant. Il se forme sous l'effet de réactions entre divers polluants comme les oxydes d'azote et les composés organiques volatils, mais aussi en présence de rayonnement solaire. C'est pourquoi on observe des pics de concentration pendant les périodes de temps ensoleillé.

Les particules fines

Le gros polluant de l'air, c'est ce qu'on appelle les particules fines. Elles se composent d'un mélange de substances organiques et minérales sous forme solide ou liquide. Les particules fines forment ce qu'on appelle un aérosol, une multitude de petites particules en suspension dans l'air.

Les particules les plus nuisibles pour la santé sont celles dont le diamètre est inférieur à un dixième de celui d'un cheveu (c'est-à-dire 10 microns). Du fait de leur taille, elles ne sont pas arrêtées au niveau du nez et de la bouche et pénètrent les bronches. L'exposition chronique est un facteur de risque de maladie cardio-vasculaire, respiratoire et de cancer du poumon.

Les particules fines ont des origines très différentes :

  • Elles peuvent provenir de la nature, des éruptions volcaniques, de l'érosion par le vent, de particules du désert mises en suspension ou encore des feux de forêts, de brousses, de savanes ou de prairies.
  • Elles peuvent provenir des activités humaines à travers la combustion de bois ou de ressources fossiles, les centrales thermiques, les procédés industriels, les transports et l'agriculture.

En France, d'après un rapport de 2008, les émissions de particules fines proviennent pour 30% des industries, 25% du secteur résidentiel tertiaire, 30% de l'agriculture et 15% des transports. La part du transport peut paraître faible, mais les émissions par le transport se font souvent dans des zones densément peuplées, ce qui est moins le cas de l'agriculture ou de l'industrie.

La formation de particules fines est importante dans les cas de mauvaises combustions ou incomplètes. C'est pourquoi les cheminées à foyers ouverts ont été interdites dans de nombreuses communes. Heureusement, des poeles ou des cheminées plus efficaces permettent d'émettre nettement moins de particules fines.

Un cocktail de polluants

Nous venons de voir que de nombreuses substances différentes participent aux problèmes de pollution de l'air. Le meilleur exemple est le smog.

Le smog est une brume brunâtre et épaisse que beaucoup d'entre nous ont déjà vu au moins en photo. C'est une condensation de l'eau sur des particules fines en suspension en présence d'ozone dans laquelle on trouve également les oxydes d'azote et le soufre. En gros, il y a à peu près tous les polluants.

Voici la pollution de l'air en une image :

Certaines villes polluées baignent constamment dans ce smog. Pour d'autres, il n'apparait que quelques jours par an.

Quand la pollution de l'air est trop élevé, on peut lutter en appliquant différentes mesures, comme limiter la circulation des véhicules ou leur vitesse, limiter ou interdire l'utilisation d'appareils de chauffage au bois, la combustion de déchets verts, les activités industrielles ou les épandages agricoles.

Pollution chronique VS pics de pollution

La pollution chronique, c'est une pollution pas nécessairement forte, mais constante.

Il faut savoir que la pollution chronique a un impact sanitaire bien plus important que les pics de pollution. On parle beaucoup des pics de pollution, mais leur impact est moindre.

Par exemple, l'OMS estime que la catastrophe de Tchernobyl a fait en tout 9.000 morts, alors que plusieurs ONGs estiment que le charbon en Europe provoquerait 23.000 morts par an (tout en étant largement subventionné), c'est-à-dire 2,5 fois plus de personnes que la catastrope de Tchernobyl.

C'est une comparaison un peu osée, mais je l'ai choisie parce qu'elle illustre bien la différence de perception entre une pollution chronique et un pic de pollution.

Les conséquences de la pollution de l'air

La pollution de l'air (intérieur ou extérieur) est actuellement le premier facteur de risque environnemental pour la santé humaine.

L'OMS estime par exemple que plus de 600.000 enfants de moins de 5 ans en meurent chaque année.

En France, en 2015, le Sénat a évalué le coût de la pollution de l'air à 100 milliards d'euros. Vu la difficulté de ce type d'exercice, il faut prendre ces chiffres avec des pincettes, mais il est quand même impressionnant de voir qu'une estimation du préjudice dû à la pollution de l'air s'élève à presque 1/20e du PIB de la France.

L'agence de santé publique française estime que, chaque année, la pollution de l'air tue 48.000 français. C'est le 3e facteur de mortalité derrière le tabac (78.000) et l'alcool (49.000). La pollution de l'air serait responsable de 9% des morts en France.

En agissant pour une meilleure qualité de l'air, les pays peuvent réduire le nombre de morts prématurées imputables aux accidents vasculaires cérébraux, aux maladies cardiaques, au cancer des poumons et aux affections respiratoires chroniques et aiguës.

Quelques remarques

On a à peu près fait le tour de la question, mais j'aimerais ajouter quelques remarques.

Pollution de l'air : une inertie plus faible

D'abord, il y a une bonne nouvelle : la pollution de l'air ne souffre pas des mêmes inerties que le changement climatique, l'acidification des océans ou la destruction de la couche d'ozone.

Les polluants et les poussières atmosphériques retombent au sol sur des temps relativement courts. Si nous agissons sur les causes, nous voyons rapidement les effets et c'est pour cela que l'on peut agir quand il y a des pics de pollution.

De toutes les formes de pollution que l'on a vu, c'est peut-être une des plus justes. De plus, la pollution de l'air est aussi un problème local. On respire les polluants qui sont générés autour de nous. On ne retrouve pas ce cynisme du changement climatique où ceux qui en souffrent le plus sont souvent les moins responsables.

Des solutions

Pour la pollution de l'air intérieur, on peut veiller à aérer régulièrement et on peut aussi éviter d'acheter les produits qui émettent le plus de composés organiques volatils.

La technologie permet également de diminuer les émissions de polluants. On sait par exemple faire des cheminées fermées ou des poeles qui émettent moins de particules fines en optimisant la combustion.

Pour la pollution de l'air extérieur, vu la part importante des transports, des combustibles fossiles et de l'élevage intensif, on peut adapter nos choix d'habitudes et de consommation en conséquence.

Il existe aussi des lois qui réglementent la qualité de l'air en interdisant par exemple de brûler des déchets verts.

Conclusion

La pollution de l'air est le premier facteur de risque environnemental pour la santé humaine. Chaque année, elle cause la mort prématurée de plus de 7 millions de personnes dans le monde et 48.000 en France.

Cette pollution est dûe à l'émission par les activités humaines de dioxyde de soufre, de dioxyde d'azote, de composés organiques volatiles et aussi et surtout de particules fines.

On peut lutter contre la pollution de l'air en diminuant les émissions de polluants et en voir immédiatement les effets. Les principales sources contre lesquelles on peut lutter sont les rejets industriels, l'agriculture, les transports et la combustion de biomasse.

On peut le faire à travers des réglementations, des innovations technologiques, mais aussi des changements d'habitude et de consommation.



Texte écrit par Lucas Willems


Le Réveilleur

Je vous parle d'environnement, d'économie et du lien entre les deux, car les changements environnementaux vont considérablement impacter nos sociétés.