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Le jour où l'armée française a pris une sacrée branlée contre l'armée mexicaine


Published
Revised
May 21, 2020
5 months ago

5 mai 1862 : l’armée française prend une sacrée branlée contre l’armée mexicaine à Puebla. C’est le sens du fameux « cinco de mayo », jour férié au Mexique.

Une première guerre

Il y a eu 2 guerres entre la France et le Mexique au 19ème siècle.

La première guerre, appelée Guerre des Pâtisseries, a duré de novembre 1838 à mars 1839. Le Mexique, indépendant depuis 1821, a enchaîné les présidents et était proie à la guerre civile.

En 1832, un pâtissier français, appelé Monsieur Remontel, a écrit au roi Louis-Philippe pour se plaindre du saccage de son commerce à Tacubaya (alors situé à l’extérieur de Mexico), demandant 60.000 pesos de dommages (pour un commerce qui en valait 1.000).

En raison de cette plainte et d’autres plaintes de citoyens français, la France a exigé que le Mexique lui verse la somme de 600.000 pesos (3 millions de francs), une somme colossale pour l’époque.

Devant le refus du président Bustamante de payer, la marine française guidée par l’amiral Baudin a bloqué les ports mexicains du Golfe et a bombardé la forteresse de San Juan de Ulúa, capturant la ville de Veracruz. (Charles Baudin, par Émile Vernet-Lecomte)

Cette guerre a surtout servi à l’ancien dictateur Antonio López de Santa Anna comme un prétexte pour reprendre du service, menant les troupes mexicaines à Veracruz. Lors de la bataille, il a perdu sa jambe, qui a été enterrée avec les honneurs militaires.

Sa popularité lui a ainsi permis de reprendre le pouvoir jusqu’en 1855.

Une seconde guerre

Passons à la deuxième guerre. De 1857 à 1861, le Mexique est déchiré par la guerre civile (appelée Guerre de Réforme) entre conservateurs et libéraux.

Les libéraux, menés par Benito Juárez, à l’origine de la chute de Santa Anna en 1855, ont pris le pouvoir et établi une nouvelle constitution en 1857. La nouvelle constitution prévoyait une séparation de l’Église et de l’État et la nationalisation des biens de l’Église. (Benito Juárez, premier et unique président indigène du Mexique)

Devant cela, les conservateurs se soulèvent, sous la direction de Félix Zuloaga. Finalement, les conservateurs essuient les revers et finissent par se rendre en décembre 1860, mais avec des foyers de résistance toujours actifs. (Photo de Félix Zuloaga)

Le président Juárez, voyant les finances du pays ruiné par la guerre, adopte un moratoire de deux ans sur les crédits espagnols, français et britanniques. Prétexte parfait pour Napoléon III pour lancer une invasion du pays, lui garantissant l’accès aux gisements d’argent.

L’invasion française est vue comme une bénédiction par les conservateurs, qui rêvent de faire tomber le président Juárez et sa constitution libérale.

Au début, l’invasion a été soutenue par l’Espagne et le Royaume-Uni. L’Espagne a capturé la ville de Veracruz le 17 décembre 1861 et les français la ville de Campeche le 27 février 1862. L’armée française, menée par le général Lorencez, commence l’invasion du pays.

En avril, les Espagnols et les Britanniques, comprenant que le but de la France est de conquérir Mexico, se retirent du pays. Les premières hostilités avec l’armée mexicaine ont lieu le 28 avril, où les forces mexicaines sont défaites lors d’une escarmouche.

Les mexicains se retirent à Puebla. Fort de 6.500 hommes, le contingent français était bien mieux équipé que l’armée mexicaine. Lorencez était persuadé que la population de Puebla était favorable aux Français et allait facilement se soulever contre la garnison de la ville.

Le 5 mai au matin, le général Lorencez décide d’attaquer la ville de Puebla par le nord. Au nord, la ville était protégée par les forts de Loreto et Guadalupe, sur deux collines, entre lesquels le général Ignacio Zaragoza avait fait creuser une tranchée.

Juste avant midi, l’armée française démarre les tirs d’artillerie, suivis de deux assauts d’infanterie, tous les deux infructueux. Lors du troisième assaut, les Français n’avaient plus de munitions d’artillerie et ont donc chargé sans soutien.

La défense mexicaine est très féroce, les Mexicains avançant même sur le terrain pour défendre les positions entre les deux forts. Alors que les Français se retirent pour un dernier assaut, le général Zaragoza ordonne une attaque de cavalerie, encerclant les Français.

Vers 15h il se met à pleuvoir, rendant le champ de bataille complètement glissant. Les troupes françaises se retirent, comptant 172 morts (contre 83 mexicains). 

Le général Zaragoza enverra alors un télégramme au président Juárez : « Les armes mexicaines se sont couvertes de gloire ».

La suite est bien moins glorieuse pour l’armée mexicaine : défaite à Camarón de Tejeda (Camerone en français) le 30 avril 1863 contre la légion étrangère, puis défaite lors de la deuxième bataille de Puebla entre mars et mai 1863 et finalement capture de Mexico le 10 juin 1863.

Les Français établissent alors le deuxième Empire mexicain en 1864. Le frère de l’empereur autrichien François-Joseph Ier, Maximilien, est couronné empereur. Soutenu par les conservateurs, l’empereur est en fait très libéral…

Finalement, l’occupation mexicaine coûte trop cher à la France, qui se retire en 1867. Sans soutien français, les conservateurs chutent en mai 1867. Maximilien est fusillé avec les généraux conservateurs Miramón et Mejía le 19 juin 1867. (L'Exécution de Maximilien, par Édouard Manet)

Aux Etats-Unis, avec le mouvement chicano des années 1940, il y a une réappropriation de la fête du 5 mai (cinco de mayo), qui devient en fait la fête de la communauté mexicaine.

Au Mexique, il s’agit d’un jour férié civique (pas officiel). Les écoles sont fermées mais les administrations et commerces sont ouverts.

Voilà, vous savez tout sur ce que représente cette journée.


Filipe De Vadder

Chercheur padawan - Du metal et de la science